dimanche 16 novembre 2014

Un bout de route



Hatton, Sri Lanka

Je quitte Ella, sous un beau soleil. L’idée est de faire la route jusqu’à Hatton en deux jours en trainant un peu et en profitant des paysages. J’ai passé une bonne nuit, pris un petit déjeuné sérieux, je suis donc prêt pour ce beau voyage.

Je n’ai pas vraiment de carte routière du pays. Je regarde dans mon guide, mais ne sont mentionnée que les routes principales. Il y a peu ou pas de panneau indicateur, je fais donc à l’instinct. Je sais globalement quelle direction suivre et avec l’heure et la position du soleil, je ne me débrouille pas trop mal. En cas de doute, je m’arrête et demande aux gens du cru, même si on a bien souvent du mal à se comprendre. Mais ce matin, il y a une déviation sur la route. Elle m’envoie je ne sais ou. Pas grave, j’ai le temps…

Et là, je me retrouve sur une route de rêve. Un vrai bonheur. C’est juste beau. Rien de plus. Alors je décide de me laisser porter et j’avale les kilomètres sans savoir vraiment ou je vais. Je sais juste que je file vers l’Est, ce qui n’était pas franchement mon idée première. Pas grave. Les plans c’est fait pour être adaptés voir changés. Devant moi, un large et beau ruban d’asphalte. La route tourne sans arrêt. Les paysages sont à couper le souffle, peu de circulation. Je file, un large sourire sur le visage. Les heures passent. Quatre ! Il est temps de faire le plein et surtout le point. Ou suis-je ?

Je repère le nom de la ville ou je me trouve. Cool, je ne suis qu’a 50 kilomètres à vol d’oiseau d’Hatton. Mais sur mon bouquin, aucune route de relie les deux villes. Il y a juste entre les deux un énorme massif montagneux… Mais j’ai plus d’un tour dans mon sac et surtout dans mon sac il y a mon GPS de géocaching. Il n’est absolument pas prévu pour la route, mais j’ai téléchargé une carte, grossière certes, mais une carte quand même du pays. Elle m’indique qu’il existe de petites routes qui devraient me permettre de rallier l’arrivée.

Je quitte donc la route principale et m’enfonce dans des terres inconnues de mon guide touristique. La chaussée est très étroite. Le revêtement est déjà beaucoup moins bon, voir par endroit carrément mauvais. Ca grimpe. Je m’enfonce dans les plantations de thé, au milieu des montagnes. L’endroit n’est visiblement pas fréquenté par les touristes. Tous les gens que je croise me sourient, me font un signe de la main. Les véhicules en sens inverse me klaxonnent. Je suis secoué comme un prunier sur mon pauvre scooter. Pas vraiment le genre de route faite pour lui. Sur une colline un temple Bouddhiste. Je fais le détour pour m’y rendre. Un moine m’accueille et me fait visiter l’endroit. Il est étonné de me voir. La vue est superbe.
Je me perds un peu. Je jardine comme on dit. Mais j’adore me perdre. C’est trop bon. Je bascule en haut d’un col. Un autre paysage s’offre à moi. Toujours magique. Mais je commence à fatiguer. Le sac me pèse sur les épaules. Je fais des pauses de plus en plus fréquentes. Mais l’arrivée est proche, là, juste devant.

Au final j’aurais mis quatre heures pour faire ces cinquante kilomètres «  à vol d’oiseau ». Huit heures de scooter aujourd’hui. Je suis rincé. Rincé mais heureux. J’ai juste peur de ne pas avoir assez d’espace libre sur mon disque dur interne pour stocker tout ce que je viens de voir. J’ai bien fait quelques photos pour vous faire partager cette journée, mais il y avait tellement d’autres choses…

Demain, je reprends le bus. Direction le sud et ses plages de rêve. Enfin, c’est ce qu’on en dit…Je vais voir et je vous tiens au courantJ.














vendredi 14 novembre 2014

Adam's peak

 
L'Adam's peak
Ella, Sri Lanka

En quittant Kandi alors que le bus traverse des paysages sublimes que je ne peux qu’apercevoir par la fenêtre, je me dis que je suis en train de passer à côté du pays. Il me faut absolument un deux roues pour être libre de sortir des sentiers battus comme je l’entends. Surtout dans ce pays si touristique. Donc, soit je trouve ce que je cherche sur la route du pic d’Adam, soit en redescendant, je file sur colombo en chercher un.

Je change de bus à Hatton. Quelques minutes d’attente et j’en profite pour aller aux renseignements. Pas de location de moto en ville, mais un gars sympa passe quelques coup de fils. Il a dans son carnet d’adresse quelques personnes susceptibles de louer leur propre véhicule. Comme je ne suis pas aux pièces, je décide d’aller avec lui jeter un coup d’œil. La première moto ne fera pas l’affaire. Pas une goutte d’huile dans le moteur…Mais le second deux roues est un scooter qui appartient à la fille d’un commerçant. La jeune fille veut bien me le louer pour 6 € par jour. Je le lui emprunte donc pour cinq jours et c’est au guidon d’un joli scooter noir que je reprends la route de Dalhousie point de départ du trek qui va me monter en haut du pic d’Adam.

Cette montagne est sacrée pour les Bouddhistes, les Musulmans, les Hindous et enfin les Chrétiens. Pas de jaloux, il y en a pour tout le monde. La route qui me conduit à Dalhousie est tout simplement superbe. Je roule à 20 à l’heure le nez au vent, profitant du paysage. A destination, je trouve une chouette guest house. Des propriétaires adorables. Je suis déjà bien ! Comme j’ai un peu de temps devant moi, je décide de faire un peu de « Géocaching ». Il y a une cache à proximité. L’occasion d’une ballade, d’une jolie rencontre avec des enfants et dans la cache je récupère un « travel bug » qui arrive d’Allemagne. Je vais le « relâcher » en ThaïlandeJ.

Le lendemain matin, levé à deux heures du matin pour attaquer la montée. Sept kilomètres aller avec 1100 mètres de monté et retour par le même chemin, soit 5700 marches à monter puis à redescendre. Il fait bien sur nuit noire. Durant la saison des pèlerinages de décembre à mai, le chemin est éclairé. Mais là, il ne l’est pas. J’ai avec moi une lampe frontale. Le début du sentier est paisible. Il est bordé de cabane ou durant la saison les commerçants proposent aux pèlerins de l’eau, des gâteaux et divers articles, un peu comme à Lourdes. Puis rapidement le chemin devient plus sauvage. La lune est encore presque pleine et éclaire bien. Je décide d’éteindre ma lampe et de monter en « nocturne ». C’est absolument génial ! L’absence de lumière accentue les bruits autour de moi. J’y vois suffisamment clair pour ne pas me perdre et je vois au-dessus de ma tête le pic d’Adam se détacher dans la nuit. C’est haut et ça grimpe de plus en plus dur. La dernière demi-heure est terrible. Les marches sont gigantesques et en plus le temps se couvre. Il est temps d’arriver. Au somment se trouve un temple, ou plutôt des temples. Je suis le second à arriver. Une cinquantaine d’autres personnes suivront pour admirer le lever de soleil. Mais ce ne sera pas pour aujourd’hui. Le sommet est « bouché » et nous n’apercevrons que quelques lueurs de l’aube naissante. En redescendant le temps se dégage. Le paysage est sublime. J’en prends plein les yeux. Les jambes elles ont leur compte et c’est fatigué mais heureux que je m’attable à la terrasse de la guest house pour prendre un petit déjeuné qu’aujourd’hui j’ai bien mérité !

Après une rapide remise en condition, je prends la route en direction d’Ella, station de montagne environ 100 kilomètres à l’est. Encore une route qui fait rêver. C’est vraiment beau. Même si la météo est capricieuse car je prends par moment un peu d’eau, mais rien de méchant. Puis environ 40 kilomètres avant d’arriver le temps menace de plus en plus. Je décide de m’arrêter pour m’équiper en conséquence. Là, j’ai fière allure sur mon scooter. Sac sur le dos, sacoche sur le devant, pantacourt, veste en polaire le tout recouvert d’un poncho de randonné. Hélas, vous ne me verrais pas, je n’ai pas fait de photo J !

Rapidement il commence à pleuvoir sérieusement. Comme il est encore tôt je décide d’un arrêt buvette le temps que cela se calme. Au bord de la route un endroit sympa avec quelques tables sous des huttes. La propriétaire des lieux m’accueille avec un grand sourire et commence à me faire la conversation. Elle veut tout savoir de moi. Tant bien que mal, j’arrive à passer commande d’un thé. Elle s’en va le préparer, mais avant elle se retourne et me dit : « vous savez, je suis célibataire. ». Elle revient quelques minutes après avec mon thé, mais aussi un bout de papier avec toutes ses coordonnées. Bien sûr elle veut les miennes en échange. Je suis amusé de la situation et décide de jouer le jeu. Commence alors une conversation des plus surréalistes. Elle me trouve beaucoup de charme (c’est sûr qu’équipé comme je suis, je ne dois pas en manquer..), me complimente sur mon physique, et me donne à peine quarante ans. Ben voyons ! Elle s’inquiète quand même de mes revenus puis me demande tout de go, si je ne désirerais pas venir m’installer au Sri Lanka car elle souhaite se marier et me trouve tout à fait à son goût… J’hésite un peu là… Puis on passe au plan photo. Elle veut des photos de moi et me demande si elle peut en prendre avec son téléphone. J’acquiesce, mais elle ne veut pas faire ça aux vues de tout le monde. C’est donc dans la cuisine que je prends la pose. Je profite de l’occasion pour moi aussi faire une photo de nous deux, il faut bien que je donne un peu de corps à ce blog…Mais ce n’est pas terminé. Elle m’annonce qu’elle veut me présenter à sa mère. Si, si, c’est possible ! Elle habite juste en dessous, à quelques mètres. Elle ferme donc la boutique et m’entraine chez ma potentielle future belle-mère. La maman est ravie et me fait prendre place dans le canapé. Puis elle se campe debout devant moi et me dévisage en me faisant un brin de conversation pendant que sa fille est partie se repoudrer le nez. En repartant ma dulcinée potentielle, me fait la surprise de m’offrir quelques fleurs de jasmin qu’elle a cueillit en passant das son jardin, puis elle m’invite à venir partager le repas familiale le lendemain soir précisant au passage que si j’étais fatigué et que je désirais rester pour la nuit… 
Il pleuvait encore un peu quand j’ai repris la route…Mais ça m’a fait du bien !

Tout compte fait, le scooter se révèle une arme redoutable pour sortir des sentiers battus. Cependant, si ça continue à ce rythme-là, je ne sais pas si je vais le garder… Je suis arrivé à Ella. Mon accoutrement  a dû faire de l’effet au patron de la guest house, car j’ai réussis à négocier la plus belle chambre de mon séjour à 9 €. Il n’y a donc pas qu’avec les filles que ça marche…Méfiance… ;-).

 
Sunrise

Quelques une des 5700...



Dalhousie

Entre Dalhousie et Hatton


Sans commentaire...;-)



mercredi 12 novembre 2014

Sigirya



Kandy, Sri Lanka

C’est en mode« léger » que je suis partit à Sigirya avec Seb, mon compagnon de voyage. Vu que nous avons prévu d’y passé qu’une nuit, nous avons laissé les gros sacs à dos à Kandy et avons décidé de faire le voyage en bus. Environ quatre heures de route et un seul changement.

Pour se mettre dans l’ambiance, on s’est d’abord trompé de bus. Malentendu avec le chauffeur qui allait à Babulla, alors que nous voulions aller à Dambulla. C’est juste à l’opposé. Mais ce coup-ci j’étais vigilant et je me suis aperçu en moins d’un kilomètre que nous partions vers le sud. Descente en urgence et retour en tuktuk à la station de bus ou le bon car nous attendait prêt à partir. Peu de monde au départ, mais au fur et à mesure qu’on avance ça se remplit. Ce doit être un Sri Lankais qui a inventé la méthode pour ranger les sardines dans les boites. En Inde, ils étaient pas mal, mais alors là, c’est du grand art, du hors concours. On croit le bus plein à craquer tant les gens sont serrés debout dans l’allée, mais pas du tout. On peut encore y faire rentrer une bonne trentaine de petits écoliers dans leurs beaux uniformes tout blancs. C’est sûr, ils ne sont pas bien grands, leur cartables non plus, mais quand même. Là, je suis vraiment très impressionné !

C’est donc au terme d’un voyage très inconfortable que nous avons posé le pied à Sigirya. Petit village perdu dans la campagne, mais qui abrite un célèbre rocher qui attire les touristes du monde entier. Si, si, j’ai vérifié ! Mais pour l’heure on a faim ! Comme un petit restaurant est tout à côté, on s’attable. Le patron est sympa et en discutant il nous dit qu’il est en train de construire une guest house deux kilomètres plus loin en rase campagne. Deux chambres sont déjà prêtes et il nous propose un hébergement. On négocie le prix, les petits déjeuners, le prêt de vélo et une fois d’accord on se rend sur place pour visiter. L’endroit est en pleine nature. Vraiment au calme. Le propriétaire a construit autour d’un grand arbre deux chambres en hauteur, dans un style très naturel. C’est sympa y’a pas à dire. Il est en train de terminer une troisième chambre qui elle est tout en haut de l’arbre. Nous, c’est celle-là qu’on veut ! Il y a juste le plancher, le toit en feuille de palme et les balustrades. Le tout est ouvert aux quatre vents, mais on préfère dormir là, dans l’arbre sur le plancher en bois plutôt que dans un lit à l’étage en dessous. On finit par tomber d’accord et on déménage un matelas que l’on pose sur le sol et une moustiquaire que l’on fixe au plafond. La chambre est prête. On y passera une nuit très tranquille.

Le lendemain matin on est en forme pour aller escalader le rocher. L’endroit est superbe, mais remplit de touristes. Ils arrivent par bus entier, visitent et reprennent leur bus en direction d’un autre site ou de leur hôtel. On grimpe les escaliers à la queue leu leu au rythme de ceux qui sont devant. Et ça avance pas bien vite…Ça me gâche un peu mon plaisir. Je sais, c’est une réaction égoïste et tout le monde a le droit de visiter. Mais là, j’ai l’impression d’être dans le tourisme de masse et je n’aime pas ça. Mais le site a son charme et je fini par me laisser porter par la magie du lieu.


Après le repas de midi, il est déjà l’heure de repartir vers Kandi. Je rentre seul. Seb a trouvé qu’une jeune espagnole avait plus de charme que moi et va rester sur place un jour de plus. Comme je le comprends. Pour ce qui me concerne, j’ai prévu de bouger un peu plus au sud. L’Adam’s Peak m’attend. Cinq mille cinq cents marches à gravir pour accéder à son sommet. C’est tout bon pour moi ça !







dimanche 9 novembre 2014

Le choc


Kandy, Sri Lanka


Par le hublot de l’avion qui m’emporte vers le Sri Lanka, je jette un dernier regard sur l’Inde. Content de partir, mais néanmoins un pincement au cœur. Un pays attachant. J’y reviendrais, c’est sûr. Mais, cap au sud-est, direction l’aéroport de Colombo.

Le vol est bref, à peine une heure. Le passage de l’immigration n’est qu’une simple formalité. Le pays demande que l’on fasse une demande de visa préalable sur le net et on doit en principe fournir à notre arrivée le billet retour, ainsi qu’une attestation de ressources suffisantes pour couvrir le séjour ici. En réalité, ils ne demandent rien. Juste un gros sourire et un coup de tampon sur le passeport. Ah oui, ils offrent quand même un coffret de bienvenue aux étrangers qui contient entre autre une carte SIM gratuite pour et un sachet de thé. Ceylan oblige…

Devant l’aéroport, les taxis se bousculent. J’en prends un au hasard et lui demande de me conduire vers une guest house à Négombo, à sept kilomètres de l’aéroport. Et là, le choc !
Les rues sont propres, claires, aérées. Les véhicules circulent normalement, comme si il y avait des règles. Pas de coup de klaxon permanent. Les motards portent des casques. On s’arrête au feu rouge. Ce n’est pas surpeuplé. J’ai l’impression d’arriver dans un autre monde. Je me rends compte à quel point j’avais fini par intégrer et trouver normal la vie indienne. C’est absolument fou !

La guest house que j’ai choisie est en bord de plage. Non, plutôt sur la plage. Un bain s’impose donc. L’eau est chaude, presque trop, mais je ne vais surtout pas me plaindre. Je rencontre un français qui lui aussi vient d’arriver pour trois semaines. Un professionnel de la route et de la fête. Il travaille en effet quatre mois par an à Ibiza ou il vend des tickets d’entrée dans les clubs de l’ile, puis deux mois de l’année au Brésil. Le reste du temps il voyage. Ça fait 20 ans qu’il fait ça et voyage seul… Le contact est bon et nous passons la soirée ensemble à boire de la bière et à nous régaler de poisson frais. Comme il prend la route de Kandy, nous décidons de faire un bout de chemin ensemble.

Le lendemain matin, on a réussi à prendre le train. Ça a été sportif. En effet, nous prenons en route un train partit de Colombo en direction de Kandi. Quand il arrive à notre gare, le train est bondé. Non, pas bondé comme chez nous, bondé comme ici. C’est-à-dire qu’il n’y a tellement plus de place à l’intérieur que les gens voyages accrochés par grappe sur les marchepieds. Donc pour nous deux sur le quai avec nos sacs à dos, ce n’est pas simple. Sans se consulter, on opte simultanément pour la solution « bourrins ». Droit devant, et on pousse fort. On finit par arriver à s’accrocher à la grappe et le train démarre. Heureusement le train commence à se vider dès la station suivante et le reste du voyage si il ne se fait pas dans le confort, se fait au moins à l’intérieur du train.
Ce que je vois du pays durant ce voyage conforte ma première opinion. L’ile est à classer dans la catégorie « paradis tropical ». C’est bien cool !

A Kandy, nous « récupérons » Céline. Jeune française qui comme nous affronte la meute de rabatteurs en tout genre à la sortir de la gare. Nous décidons d’unir nos forces pour trouver un logement. Sébastien est au top pour la négociation et nous obtient un tarif défiant toute concurrence dans un superbe hôtel. Il faut dire qu’ici ce n’est pas l’inde. Les prix sont multipliés par deux et demi. Donc, question budget, ça va être chaud. Pas de chambre à moins de 15 €…Mais bon, vu que je partage la chambre avec Seb, pour le moment ça le fait, mais je vais sans doute exploser mon budget. Initialement prévu à 30 €/jour sur la durée du séjour, le Sri Lanka sera sans doute une étape « couteuse ». Je ferais le point dans quelques jours.

Nous voilà donc à Kandi. Prêt à partir à la découverte du pays. Seb et moi avons  décidé de louer des motos, Céline repart de son côté. Ça devrait nous permettre d’être plus libre et sortir un peu des sentiers battus. Car le pays est touristique. Très touristique, ce qui explique les tarifs pratiqués. L’entrée de certains sites coûte 30 dollars. Autant dire qu’il faudra être sélectif quant aux visites ou alors dormir à la belle étoile…

Bon, ce n’est pas gagné pour les motos. Les prix sont tout simplement le double de ce que j’avais pu voir sur Colombo. J’avais négocié un tarif à 10 dollars/jour et là, je ne trouve rien à moins de 25 dollars. C’est vraiment un coin à touriste ! Ce sera donc bus ou train dans un premier temps et je verrais bien si en chemin je trouve un loueur un peu plus compréhensif ;-)

Ah au fait, le parapluie et le poncho sont pour le moment restés dans le sac. Là, c’est lunettes de soleil, short et tong.

Pour le reste, je vous tiens au courant d’ici quelques jours J










jeudi 6 novembre 2014

Incredible India... The end.


Madurai, Tamil Nadu

Gros coup de blues hier. Une journée noire. Essentiellement dans ma tête. Je n’y étais pas, loin s’en faut. Il pleuvait comme il peut pleuvoir sous les tropiques quand j’ai quitté Pondicherry. Ça a été pour moi l’occasion de sortir la veste en Goretex que j’avais pris le soin de mettre au fond de mon sac. Bien utile. J’ai pris deux bus successifs en direction de Tanjore. Sept heures de bus sous la pluie, avec un ciel qui touche par terre. La journée était noire dans ma tête, mais bien grise aussi à l’extérieur.

J’avais prévu de faire un stop de deux nuits à Tanjore. Mais à peine descendu du bus, je décidais que je ne resterais pas dans cette ville. Aucun feeling. Ville bruyante, sale, sombre. Comme je n’étais pas dans mon assiette, j’ai pris la première guest house que j’ai trouvée. Pas envie de courir la ville avec ma maison sur le dos. Pas ce soir. Elle était à l’image de la ville, mais pour une nuit, ça allait le faire.
J’ai quand même été visité un temple. Un beau temple, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Tout en pierre ocre, ça change et c’est plutôt joli. J’ai vu aussi beaucoup de rats à Tanjore. Il n’est pas rare d’en voir ici, mais là, comme ça, autant… Je ne sais pas si en Inde ils ont pour les rats un concours similaire à celui que l’on a en France pour les villes fleuries. S’ils en ont un, alors nul doute que Tanjore est tout en haut du classement. D’habitude, on les aperçoit. Ils traversent, se faufilent, passent. Là non. Ils sont là, vivent, cohabitent, observent, regardent passer la foule. Certains tentent bien de les chasser du pied. Mais le rat ici, ne fuit pas. Il revient forcer le passage, au pire contourne. J’avais déjà pas un moral en béton mais alors là… Je me suis mis au lit de bonne heure. La lumière éteinte, la chambre était supportable. A peine.

Le lendemain matin à 6 heures 30 on frappe à ma porte. Ça commence… Un indien est là et me propose un thé. J’ai le choix. Soit je le mets dehors à coup de pieds dans le train, soit je le remercie de me porter le petit déjeuner au lit. Mais une journée noire, ça suffit et je décide d’attaquer ce nouveau jour du bon pied. Je fais donc affaire avec l’indigène ravi que l’on prenne ainsi soin de moi. Mon sac reconditionné, je file à la gare routière, prêt à m’envoyer quatre heures de bus en direction de Madurai. Je vais y rester trois nuits avant de prendre l’avion pour Colombo. J’aurais ainsi le temps de reconditionner le matériel et le bonhomme pour la suite du périple. A mon arrivé, je trouve un hôtel sympa en centre-ville. Chambre propre et lumineuse, je vais être bien. La ville a l’air agréable. Enfin, agréable pour l’inde j’entends. Quelques monuments et temples à visiter ainsi que le « Gandhi mémorial muséum », car Le Mahatma a vécu ici. Juste ce qu’il faut pour ne pas trop trouver le temps long et me laisser du temps pour préparer l’arrivée au Sri Lanka. J’ai acheté le Lonely Planet  pour cette destination. Bien sûr il est en Anglais (ne rigoles pas Coco !). Ca le rend un peu plus ardu à lire, mais surtout à comprendre… Je crois bien que je suis obligé de progresser dans la langue de Shakespeare sans quoi, ça risque de ne pas être triste. En voyageur prudent j’ai aussi fait l’acquisition d’un dictionnaire de poche Anglais/Français. Ça n’accélère pas ma lecture,  mais au moins j’apprends des mots et comprends à peu près ce dont il s’agit. Ça risque de servir et d’éviter les malentendus.

Ce soir, j’ai envie de prendre une bière. Je descends la rue et trouve dans un hôtel haut de gamme un bar. L’endroit est sombre, je suis a deux doigts de sortir ma lampe frontale pour me diriger. Bien sûr il est climatisé, il y fait froid. Les serveurs sont au top. Chemise blanche, nœud papillon, petit gilet noir et pantalon noir. La classe ! Aux pieds, des tongs. On est en Inde… Mais la bière est bonne et fraîche.
Les commerçants locaux sont vraiment aux petits soins pour les touristes. Tiens, un petit dialogue de cet après-midi même :
·         Hello sir, y’am a taylor (Bonjour Monsieur, je suis tailleur).
·         Hello (Bonjour).
·         I can make for you pants or shirt if you want (Je peux vous faire si vous voulez un pantalon ou une chemise).
·         No thank you. Y dont need it (Merci, mais je n’en ai pas besoin).
·         Ok ! Marijuana ? (ok, de l’herbe ?) 

Comme il y a parmi vous quelques personnes qui ne maîtrisent pas l’Anglais, je me suis permis de traduire. Enfin, approximativement ! Vous noterez par ailleurs l’Anglais parfait dans lequel je m’exprimeJ.

J’ai fait cet après-midi, la visite de temple local. Le « Sri Meenakshi Temple ». Meenakshi est l’autre nom de Parvati, l’épouse de Shiva. Je vous avoue que je ne comprends pas grand-chose à leur religion. Faut dire que c’est un peu le bazar pour un non initié. Je sais qu’il y a trois divinités, principales, Brahma, Vishnou et Shiva. Jusque-là, j’arrive à suivre. Mais les années passant les dieux se sont ajoutés les uns aux autres. Il y aurait aujourd’hui plus de 33 millions de divinités. De quoi en perdre son latin. Remarquez, ici les dieux font des enfants, ce qui explique sans doute cela. D’ailleurs au temple, tous les soirs vers 21 heures, on transporte la statue de Shiva, jusqu’au sanctuaire de Meenakshi afin que les deux époux puissent passer la nuit ensembleJ.

Dernière visite indienne. Le Gandhi mémorial muséum. Il se trouve dans une vieille et belle bâtisse anglaise. Un très bel endroit qui retrace l’histoire de l’Inde depuis la colonisation britannique jusqu’à la mort du Mahatma en 1948. La plus grande partie est bien sur consacrée à Gandhi et on y trouve certaines reliques du grand homme, comme le dhoti (costume) qu’il portait le jour de son assassinat par un jeune fanatique hindou ou bien encore sa célèbre paire de lunette. Emouvant endroit…

La partie indienne de mon blog se termine ici. Je dois vous avouer que j’ai beaucoup aimé l’Inde. C’est un pays qui ne laisse pas indifférent. Les indiens sont d’une extraordinaire gentillesse, même si pour nous ils sont sur une autre planète. Une fois que l’on a intégré le fait qu’ils ne vivent pas dans le même monde que nous, tout devient simple. Mais j’avoue qu’il faut une certaine dose d’abnégation pour arriver à le comprendre. Ils sont parfois tellement désespérants. Mais je les adore !
Je savais que ce serait un pays difficile. Ça a été le cas. On s’habitue à tout. Mais pas à la misère. Et de la misère ici, il y en a. Beaucoup ! De la misère crasse, lourde, qui dérange, qui interroge, qui mine parfois à en pleurer. On ne mesure pas toujours la chance que nous avons. Nous avons des problèmes de riches. Eux ont des problèmes de pauvres. De vrais pauvres. Mais je ne vais pas vous refaire Germinal, ce n’est pas mon propos.
Une page se tourne ce soir. Demain un autre pays, une page vierge pour moi. J’espère trouver du soleil à Colombo. A priori, ça ne sera pas forcément le cas. Novembre est une période de retour de mousson. Ce sera donc peut être parapluie et poncho. A très vite…











dimanche 2 novembre 2014

Pondicherry, Finistère sud...





Je traîne un peu à Pondicherry. Que voulez-vous je m’y plais ! Peut-être un brin de nostalgie de notre beau pays. Faut dire que le patron du bar ou je vais me désaltérer le soir fait tout pour ça. Hier soir à mon arrivée il a demandé à son employé de mettre un peu de musique française. J’ai eu beau lui dire que la musique anglaise faisait l’affaire, il a tenu à me faire plaisir… Jo Dassin vous connaissez ? Du coup, je ne sais pas si je vais y retourner ce soir….

J’aime cette ville contrastée. Son quartier français, bien propret, calme et aéré avec ses rues pavées, ses demeures coloniales, ses vieux bâtiments administratifs, son vieux cimetière. Son quartier musulman juste au sud, aux ruelles calmes. La partie indienne à l’ouest, grouillante, vivante, fantasque, bref indienne. La juxtaposition des églises, des mosquées, des temples. Tout ceci se mélangeant sans aucun problème. On se sent bien partout.

Et toujours des rencontres surprenantes. Alors que je buvais un thé un matin très tôt à l’angle de la rue un homme m’apostrophe dans un français parfait. C’est un vieil indien appuyé sur une canne. Né à Pondicherry il y a bien longtemps, il a servi la France dans l’infanterie coloniale. Indochine, Afrique. Puis la France a quitté l’Inde. Lui est resté. Il est français. Il me montre fièrement son passeport siglé « République Française ». C’est émouvant.

Pondicherry, c’est aussi l’endroit ou Sri Aurobindo poète et philosophe bengali, leader du mouvement indépendantiste indien est venu trouver refuge auprès des français. Rapidement il a quitté la vie politique pour ne plus s’intéresser qu’a sa vie spirituelle et au yoga. Avec une française, « la Mère », ils fonderont l’ashram de Sri Aurobindo. L’ashram occupe une partie importante de la ville. Tous les bâtiments lui appartenant sont peint en gris et blanc. Rue de la Marine, le seul bâtiment de couleur est le consulat général de France… Intrigué, je me suis penché un peu sur les théories du gourou. Intéressantes, je vais creuser un peu plus. Par curiosité…

Et puis, à quelques kilomètres au nord de la ville, il y a Auroville. La Mère, partant du postulat « qu’il devrait y avoir sur la terre un lieu dont aucune nation n’aurait le droit de dire : « il est à moi » ; ou tout homme de bonne volonté ayant une aspiration sincère pourrait vivre librement comme un citoyen du monde… », La Mère donc a décidé de créer ce lieu. Une cité universelle ou hommes et femmes de tous les pays doivent pouvoir vivre en paix et en harmonie au-dessus de toute croyance et de toute politique. Magnifique projet. Utopiste ? Peut-être, mais quelle belle idée.
La mère a choisi comme centre de la cité un énorme banian et a fait ériger à proximité le « Matrimandir ». Immense salle de méditation en forme de sphère dorée. Une balle de golf géante. En son centre une énorme boule en cristal de 70 cm de diamètre sur laquelle un miroir piloté par ordinateur renvoi pile en son sommet les rayons du soleil. C’est le seul éclairage de l’édifice. Je n’ai malheureusement pas vu l’intérieur. Réservé à la méditation des habitants d’Auroville, il est possible de le visiter, mais que quelques minutes par jour et sur réservation. Autour du Matrimandir, la vie est organisée dans différentes communautés sur un site immense de 2 000 hectares.

Je ne pense pas être prêt à aller vivre à Auroville. Mais je vous avoue que la journée passée à flâner dans ce lieu ne m’a pas laissé indifférent. Ca interroge, ça dérange, ça démange…C’est chouette non quelque chose qui fait cet effet-là ? Je ne sais pas vous, mais moi j’aime bien quand on dérange les cases là-haut dans ma tête, quand un et un ça ne fait plus deux, quand on pousse un peu les murs.

On trouve aussi ici des spécialités bien françaises, notamment des boulangeries. Je me suis fait un petit stop dans l’une d’entre elle. Eclair au chocolat et un expressoJ. Je crois bien que c’est le meilleur café que je n’ai jamais bu. Excellent ! Je suis repartit avec dans la bouche, ce goût du mélange chocolat et café. Sensation délicieuse. De plus, j’avais dans ma besace emporté un croissant et un pain aux raisins. Gourmand ? Sans aucun doute ! Il ne faut pas hésiter à se faire plaisir !
Demain matin, je remets ma maison sur mon dos. Direction Tanjore, puis Madurai. Plein d’autres choses à découvrir.


Cet après-midi, assis face à l’océan, je regardais au loin. Légèrement sur ma droite, le Sri Lanka. En face de l’autre côté du golfe du Bengale la Thaïlande, la Birmanie…