An Binh, Vietnam
Je suis au vert. Je n’avais pas ressenti de besoin
particulier de me poser au calme, mais à peine avais-je posé les pieds sur
l’ile de An Minh que cela m’est apparût comme une évidence…
Les deux jours passés à Dalat, à la montagne m’ont fait du
bien. Mais Dalat reste une ville. Certes pas très grande, mais une ville quand
même et je l’ai quitté pour me aller passer quelques jours dans le delta du
Mékong. Je ne sais pas vraiment ce que je vais trouver dans cet endroit. Je
n’ai rien préparé de précis et je me dis qu’en me posant au milieu, je dois pouvoir
m’occuper avant de rejoindre Saigon pour les trois dernier jours de mon séjour
au Vietnam.
C’est sur la ville de Minh Long que je jette mon dévolu car
à proximité, il y a quelques îles qui me paraissent bien sympa. Je tombe du bus
en milieu de journée et rejoint le centre-ville sur le bord d’un des nombreux
bras du fleuve qui arrose copieusement le delta. Je suis en train de régler le
pilote de la moto-taxi quand je vois du coin de l’œil arriver quelqu’un.
Certainement un rabatteur qui va me proposer le meilleur hôtel au meilleur
endroit.
En effet…L’homme me propose de résider sur l’ile d’An Binh. L’ile est
juste en face de la ville. Le bras du fleuve à cet endroit-là, fait environ
cinq cents mètres de large et un bac fait la navette en permanence. Pourquoi
pas ? Ça peut être sympa. Je me laisse convaincre complétement quand Nam
(c’est son nom) me dit que sa pension de famille figure dans le guide du
routard. J’ai en effet souvenir d’avoir lu quelque chose au sujet de cette
pension.
Je prends donc le bac pour rejoindre l’ile. Théoriquement le frère de
Nam doit m’attendre de l’autre côté et en effet il est là. Je crois qu’il m’a
reconnu parce que j’étais le seul blanc sur le bateau. Enfin, je crois…
Il me fait monter sur sa moto et nous voilà partit dans un
petit chemin bétonné au milieu d’une végétation luxuriante. Nous passons devant
une jolie maison en bois. Je la regarde en me disant : « sympa la
maison, j’aimerais bien…. » Et le frère de Nan, tourne et rentre dans la
cours. Fabuleux !
Instantanément, j’adore l’endroit. C’est à la campagne, au
calme, c’est beau et la famille qui me reçoit est juste adorable. On me conduit
à ma chambre. Elle est simple. Sans doute la plus basique depuis le début de
mon périple mais j’adore ! Je me sens bien ici et je vais m’y poser
quelques jours.
Le « routard » décrit cette ile entourée de deux
bras du Mékong comme je cite : « Probablement l’un des plus beau
secteur du delta du Mékong, celui qui résume bien la physionomie et la vie du
delta à travers ses ilots plantés d’arbres fruitiers et ses innombrables
arroyos ombragés formant un labyrinthe aquatique et mystérieux. ». Ça
donne envie d’en voir plus non ?
Après m’être installé sommairement, je prends un vélo et je
pars à la découverte des environs. L’ile tient ses promesses. La terre et l’eau
s’entremêle. La végétation est abondante. C’est un hymne à la vie. L’eau, la
terre, le soleil… la nature explose littéralement et l’homme a su en tirer profit.
C’est un immense verger où tout pousse tout le temps. Si le devais imaginer le
jardin d’Eden, il y a de forte chance que je le vois comme ça. Je vous rassure
tout de suite, si j’ai bien croisé quelques serpents, nulle trace d’Adam et Eve.
A croire que c’est une légende !
Le lendemain, c’est en bateau que je vais faire le tour de l’ile.
Au nord, le bras du Mékong est incroyablement large. Bien plus d’un kilomètre
de large. C’est très impressionnant ! Je n’ai encore jamais vu de fleuve
aussi large et ce n’est là qu’un des nombreux bras qui arrose le delta. Moi, ça
me fait rêver. Je suis comme un gamin. J’observe ces quantités incroyables d’eau
qui s’écoulent sous mes yeux. J’ai du mal à y croire. Il y a un très fort
courant. Les bateaux qui descendent le fleuve vont incroyablement vite. Ceux
qui le remontent, luttent. Et ce n’est pas de petits bateaux mais de véritables
cargos qui naviguent ici. J’ai aimé passer des moments au bord de ce géant à le
regarder passer, respirer, vivre.
Le troisième jour j’ai loué une moto pour aller un peu plus
loin. La traversé du Mékong sur le bac qui m’avait conduit sur l’ile a été un
grand moment. Tout d’abord parce que le courant était particulièrement fort (la
marée était descendante à ce moment-là) mais aussi parce j’ai effectué la traversé
à l’heure de pointe.
Pour lutter contre le courant le bateau approchait de la
jetée avec des angles incroyables. Quasiment en parallèle avant de pivoter et
de littéralement s’échouer sur le quai. Puis pendant les manœuvres de débarquement
et d’embarquement, le capitaine jouait avec ses moteurs pour maintenir le
bateau à quai, luttant contre le courant. Bravo mon Capitaine ! Belle
maitrise !
Et de la maitrise il en fallait car pendant ce temps, une
bonne centaine de moto tentait de descendre du bateau alors qu’une bonne
centaine d’autre tentait d’y monter. Du grand art ! Et en plus ils font ça
tous les jours !
Ce jour là, ma route m’a conduit ce jour-là au marché de Can Tho. Le nez
au vent, j’ai traversé d’immenses pont qui enjambaient le Mékong, traversé de
verdoyante rizières avant d’aller me perdre dans de petits chemins le long de
plantations ou tout simplement en suivant l’un des nombreux arroyos.
O
Pfff, on est bien ici, ...au vert… Très bien…
Ah oui, j'allais oublier... Joyeux Noël à vous !!!!
une pensee de géraldine pour te souhaiter un joyeux noel au vert !! prends soin de toi.....
RépondreSupprimerSalut Michel,
RépondreSupprimerMerci pour tes beaux récits. Sur, que ce passage dans le Delta va bien te ressourcer !
Alors, bonne continuation et un joyeux Noël à toi aussi.
Je t'embrasse.
Claude